Enjeux éducatifs au Bénin

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CEG_Ayou_2014

Cours de mathématiques au CEG Ayou (décembre 2014)

Avec une hausse démographique de 294 % en 50 ans, et un taux actuel de 2,9 % par an, le Bénin – dont la population avoisine les 10 millions d’habitants – fait partie des pays pauvres très endettés. Le taux de fécondité y est élevé (5,2 enfants par femme de 15 à 49 ans), et l’âge médian est de 17,6 ans. Ainsi, 44,7 % de la population a moins de 14 ans, ce qui constitue pour le système éducatif un défi majeur.
En effet, le taux de scolarisation au primaire est de 124% (en raison d’inscriptions précoces ou anormalement tardives) ; il descend à 54% au secondaire puis chute à 12,4% au tertiaire (n’oublions pas de mentionner les fortes disparités entre les garçons et les filles). La DDC estime qu’il faudrait construire 2’500 salles de classes et former 2’300 enseignants pour la prochaine rentrée afin d’absorber la hausse naturelle du nombre d’élèves. L’horizon 2050 prévoyant un doublement de la population béninoise, on se rend bien compte des enjeux éducatifs auxquels le pays va devoir faire face ces prochaines années (de plus, le Bénin compte actuellement 150’000 enfants – dont plus de 92’000 filles – n’ayant pas terminé leur scolarisation primaire).

Même si les 27,8 % des dépenses publiques du Bénin sont consacrées à l’éducation, la situation reste précaire au niveau de l’enseignement, notamment secondaire : les salles de classe font souvent cruellement défaut, les cours sont donnés en sureffectifs (certains dépassent les 100 élèves), les classes sont très hétérogènes et de fortes inégalités régionales rendent l’uniformité éducative impossible dans le pays. À cela s’ajoute une très grande précarité des enseignants : toujours dans le secondaire, 95% sont vacataires et gagnent l’équivalent de CHF 3.- par heure enseignée (le prix d’un soda est de CHF 1.-) … les 5% restants étant répartis entre  des agents permanents de l’État (APE) – qui disposent d’une formation pédagogique certifiée – et des agents contractuels de l’État (ACE). La majorité d’entre eux ne dispose donc que de peu ou pas de formation pédagogique, souffre d’une insuffisance de matériel didactique et de difficultés voire absence d’accès aux moyens numériques (2,7 ordinateurs et 4,9 connexions Internet pour 100 habitants).

Le Bénin fait partie des pays prioritaires de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) qui y est présente depuis plus de 30 ans : elle y développe ses activités autour de trois domaines stratégiques d’appui que sont la gouvernance locale et la décentralisation, le développement économique rural ainsi que l’éducation et la formation professionnelle. C’est dans ce dernier axe que s’inscrit l’action de Zédaga en tant qu’organisation non gouvernementale.